Trois potentiels candidats à la présidentielle sont dans des dossiers d’accusation d’agressions sexuelles, un nouvel hashtag serait-il à craindre ?

De potentiels candidats à la présidentielle de 2022 sont accusés d’agressions sexuelles et visés par un mouvement qui incite à un #MeToo politique. Les signataires, 285 femmes évoluant dans le milieu politique et universitaire ont publié une tribune dans le journal Le Monde ce 15 novembre, appelant au lancement d’un #MeToo politique. « Le monde politique doit assumer ses responsabilités et écarter les auteurs de violences sexuelles et sexistes de ses rangs », lit-on dans ce plaidoyer. Si elles n’ont pas nommé les mis en cause, tout porte à croire que le polémiste Eric Zemmour, Jean Lassalle et François Asselineau sont visés.

 

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François Asselineau mis en examen pour agressions sexuelles

En mai 2020, une enquête préliminaire a été ouverte après que deux anciens salariés de son parti se soient plaints et qu’un signalement au procureur ait été fait par l’un des cadres du mouvement politique. Depuis le 5 février, François Asselineau est mis en examen pour agressions sexuelles par personne ayant autorité, harcèlement sexuel et moral, et intimidation d’une victime. Il est alors placé sous contrôle judiciaire.

En effet, Le Figaro a révélé dans l’une de ses parutions datées de 2020 l’existence d’un courrier signé par une majorité de cadres de l’UPR appelant François Asselineau à démissionner. Les signataires expliquent être au courant d’informations d’une « extrême gravité » concernant les relations « particulières et plus qu’insistantes » de François Asselineau avec deux de ses collaborateurs. Quelques jours plus tôt, des messages privés du président du parti avaient fuité sur internet.

Les plaignants dans un témoignage accordé à Libération ont tous deux avoué avoir été la cible de déclarations amoureuses et de menace de François Asselineau. Le candidat à la présidentielle de 2017 a « catégoriquement démenti » les allégeances de harcèlement sexuel publiées par Le Figaro.

Jean Lassalle, accusé d’agression sexuelle

En octobre 2017, après l’émergence du mouvement #balancetonporc, Julia Castanier, la directrice de communication du Parti communiste accusait Jean Lassalle de lui « avoir mis les mains au fes*es ». Les faits se sont produits en 2010, devant le bureau de poste de l’Assemblée nationale, au moment où elle était attachée parlementaire, précise-t-elle au Médiapart.

« Jean Lassalle, en passant, me met la main aux fesses et s’en va. Moi, je n’ai rien dit, j’étais complètement interloquée, a affirmé Julia Castanier. On ne s’est jamais parlé après ».

Après son tweet, l’accusé a réagi dans plusieurs médias rejetant toutes les accusations. « Je ne connais pas cette dame. Je ne me souviens pas de cet épisode », s’est-il confié à Sud-Ouest. « Mettre une main aux fesses n’a jamais été dans mes habitudes », a-t-il assuré à Mediapart. Depuis lors, l’affaire n’a pas de suites judiciaires.

 

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Eric Zemmour accusé d’agressions sexuelles

Le terme « potentiellement candidat » employé dans la tribune des plaignantes aurait sans doute en mire le polémiste. Alors que ses ambitions présidentielles commençaient à peine à se dessiner, plusieurs accusations ont émergé contre sa personne.

Le 24 avril, Gaëlle Lenfant, élue au conseil municipal d’Aix-en-Provence racontait sur Facebook qu’Eric Zemmour l’avait embrassé de force lors des universités d’été du PS. Les faits remontaient en 2004 et son ex-mari ainsi que plusieurs proches ont confirmé qu’elle leur avait raconté l’épisode avant que le polémiste ne devienne un potentiel candidat.

Une autre accusation, celle-ci portée par l’écrivaine Aurore van Opstal qui confie qu’Eric Zemmour lui a « caressé le genou avec sa main remontant jusqu’à l’entrejambe » au cours d’un café en 2019. En outre, quatre autres femmes ont témoigné de manière anonyme dans un article de Médiapart avoir été victimes d’agressions sexuelles de la part du polémiste.

La tribune publiée par Le Monde est cosignée par des femmes influentes, dont l’éco-féministe Sandrine Rousseau (EELV), Laurence Rossignol (PS) ou Daniel Obono (LFI).

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